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Présentation de l'Unité Mixte Technologique FioriMed

Missions et stratégies

La filière horticole s’inscrit dans un marché mondialisé avec des échanges importants de matériel végétal « plante entière » qui constituent des points d’entrée majeurs de bio-agresseurs exotiques. Ces nouveaux bio-agresseurs (ex : tripidés, coccidés) mettent à mal régulièrement les stratégies de protection intégrée mises en place par le secteur. Dans ce contexte, l’acceptabilité environnementale des cultures horticoles est questionnée aujourd’hui particulièrement sur ce point de la protection des cultures.

Le Plan Ecophyto 2018, la Directive européenne sur l’usage raisonné des pesticides, le projet Agro-Ecologique du Ministre de l’agriculture et la référence à la « triple performance » économique et environnementale, imposent aux horticulteurs de faire évoluer leurs pratiques et, par conséquence, cela doit s’accompagner d’un repositionnement des activités de recherche, d’innovation, de formation et de conseil.

Du fait de son caractère très atomisé en de multiples cultures de niches et de sa sensibilité aux effets de modes qui génèrent des turn-over très fréquents, le secteur horticole « travaille » sur du matériel végétal souvent peu connu d’un point de vue génétique et est rarement en mesure de s’appuyer sur des variétés sélectionnées pour leur tolérance/résistance aux bioagresseurs majeurs.

Malgré la complexité des challenges, la filière et ses entreprises sont engagées dans une démarche de certification environnementale de type HVE (haute valeur environnementale), créée par Val’hor, l’Interprofession française de l’horticulture, de la fleuristerie et du paysage, et reconnue par les pouvoirs publics. « Plante Bleue » HVE est donc un label environnemental et social français : il identifie les végétaux d’ornement (arbres, plantes, fleurs) cultivés de manière éco-responsable et il certifie que les horticulteurs et pépiniéristes respectent un cahier des charges strict et précis visant à limiter les impacts environnementaux en attestant de leurs bonnes pratiques.

C’est pourquoi, les partenaires de l’unité mixte technologique ont décidé de concentrer leurs travaux sur la question des pesticides, qui constitue un verrou fondamental car il n’est pas rare que les cultures horticoles génèrent des indices de fréquence de traitement très importants (supérieurs à 150). En effet, les cultures horticoles constituent des produits à forte valeur ajoutée qui doivent être indemnes des défauts que peuvent notamment provoquer maladies et ravageurs. Or, comparé aux fruits et légumes, le produit final est souvent complexe avec des fleurs, des tiges et des feuilles ce qui nécessite une démarche très contraignante du point de vue sanitaire avec notamment des seuils de tolérances plus faibles qu’en cultures légumières.

Une stratégie inspirée du programme européen PURE

Le projet de l’UMT FioriMed inspiré du programme européen PURE s’articule autour de quatre piliers (dont le pilier 4 animation-coordination, lien entre les piliers) pour assurer la recherche, l’expérimentation, la formation et le conseil pour le transfert d’outils d’aide à la décision, de tactiques et de stratégies de protection intégrées aux horticulteurs :

  •  Pilier 1 : co-conception par processus d’amélioration continue de stratégies de protection intégrée.

La protection intégrée est souvent considérée comme très largement répandue dans les systèmes de cultures protégées. La réalité est beaucoup plus nuancée et les stratégies de protection intégrée qui sont réellement mises en œuvre, consistent pour la plupart en une utilisation raisonnée de pesticides compatibles plutôt qu’en une gestion optimisée d’auxiliaires naturels et autres moyens de bio-contrôle. En dépit d’investissements expérimentaux importants au laboratoire, l’application en conditions réelles est souvent très décevante et induit un manque de fiabilité des méthodologies de lutte biologique qui sont proposées. L’UMT propose donc d’identifier la/les cause(s) des échecs à la fois par des essais systèmes en station et chez les producteurs, en prenant en compte l’ensemble de l’agro-écosystème.

  • Pilier 2 : nouvelles connaissances et technologies innovantes.

Le pilier 2 a pour ambition de répondre au constat que la mise en place de stratégies de protection intégrée ne relève pas d’un simple assemblage des méthodes alternatives déjà disponibles mais qu’il existe un manque de connaissances et d’outils pour alimenter ces stratégies notamment un recours insuffisant aux concepts d’écologie et aux outils de suivi des pestes.

La robustesse des systèmes serres face aux aléas biologiques peut bénéficier encore de nombreuses optimisations qui résident dans la capacité intrinsèque (technologique et économique) de ces systèmes à intégrer des outils de contrôle, de pilotage et d’aide à la décision. L’UMT propose donc de travailler : (i) la question climatique et son rôle dans l’émergence des épidémies (ii) les plantes et matériaux de services à intégrer dans les systèmes de culture comme aide ou frein à la protection intégrée avec macro-organismes (iii) le suivi épidémiologique pour fiabiliser le diagnostic sanitaire des cultures (iv) les outils télématiques d’aide à la décision comme aide au conseil en entreprise.

  • Pilier 3 : Co-innovation / dissémination.

Le pilier 3 propose de s’inspirer des démarches de co-innovation et de dissémination qui ont été expérimentées dans le programme européen PURE et de les adapter au contexte de l’horticulture et au périmètre plus réduit de l’UMT FioriMed.

La dynamique conjointe de co-innovation et de dissémination se fera via un processus itératif s’appuyant largement sur le pilier 1. L’objectif est de sélectionner 4 des meilleurs sites de prototypage en exploitation et d’évaluer les processus de co-innovation et de dissémination  par comparaison entre les fonctionnements de ces différents prototypes.

La démarche go-no go choisie dans les piliers 1 et 3 (plusieurs phases de sélection/rejet des solutions après confrontation avec l’avis des porteurs d’enjeu), doit garantir le meilleur coût-efficacité pour l’ensemble du processus d’innovation et de dissémination.

L’UMT réalisera des ateliers d’échange entre chercheurs, expérimentateurs et conseillers pour amplifier à la fois la démarche top-down et la démarche bottom-up et un carrefour de la recherche destiné à communiquer sur les travaux conduits dans le cadre de l’UMT autour de ses axes de travail, mais aussi plus largement à échanger avec les partenaires de la filière, de la recherche et des intervenants extérieurs d’autres filières, autour de thématiques d’actualité et d’enjeux d’avenir pour la filière horticole, à l’échelle nationale et internationale.

Une équipe pluridisciplinaire aux compétences variées

Forte d’un historique de partenariat ancien entre ASTREDHOR et l’Inra site de Sophia-Antipolis et les stations régionales ASTREDHOR méditerranée (Creat et Scradh), l’UMT bénéficie de la mise en synergie de compétences en agronomie, en écologie des populations, en modélisation, en conseil et en formation et s’appuie sur des réseaux de producteurs prêts à expérimenter des solutions technologiques. L’animation et le pilotage de l’UMT seront assurés par un comité de pilotage animé par Bruno Paris pour Astredhor et Christine Poncet pour Inra Isa Sophia-Agrobiotech. Le comité de pilotage composé des responsables de chaque partenaire examinera le déroulement des travaux, les perspectives d’évolution et les modalités de communication des résultats. Un comité scientifique et technique associant chercheurs, expérimentateurs, conseillers et formateurs proposera l’élaboration du programme d’activité de l’année.